Vous êtes ici

10e Festival Les Athénéennes - 2e semaine - 9 au 11 juin 2021

Concert

classique, jazz, afro-beat, musiques tziganes et balkaniques, live électronique, ciné-concert...
 
MERCREDI 9 JUIN
 
ENSEMBLE PULCINELLA - 19H00

Le flamboyant Ensemble Pulcinella et sa directrice inspirée, la violoncelliste Ophélie Gaillard, nous proposent un programme inédit, sous le double signe de la Variation et de la Danse.

Danzas y Folias ! Virtuosité des gigues et des tarentelles italiennes, frénésie des Jacaras, élégance des Canarios, c’est l’Europe tout entière qui invente un métissage savoureux, irrigué par les cultures amérindienne et castillane. Quelques degrés de plus au thermomètre pour commencer la soirée…

 

LA DISPARITION - 20H45

S’il est des formes intemporelles qui ont su influencer la création au fil du temps, le photoroman – sorte de croisement entre la bande dessinée et le cinéma- brille par sa discrétion. Ce spectacle, fruit de la collaboration entre trois jeunes artistes de grand talent – la photographe Margaux Opinel, le dramaturge Luc Birraux et le compositeur Kevin Juillerat – donne à ce genre méconnu une nouvelle dimension. Le récit devient visuel par les clichés projetés ; sonore par sa musique; et raconté par le texte parlé : une narration en poupées russes.
La Disparition, de Georges Perec, est un roman entièrement écrit sans la lettre E. C’est l’histoire du personnage d’Anton Voyl qui, depuis l’intérieur même du récit, s’abîme à chercher l’élément manquant, à résoudre le mystère de l’absence de cette lettre. Ce chef-d’œuvre oulipien, vertigi- neux de virtuosité, donne à sa lecture un sentiment de suffocation fascinée. Mais parlé, le texte révèle une musicalité d’une poésie inouïe. De la rythmique propre à cette langue française tronquée, où le manque et la contrainte génèrent la profusion, de son humour aussi, la musique et l’image émergent comme un prolongement, comme une résonance apportant au texte sa respiration : la voix se propage dans les sons que produisent les deux percussionnistes, les traitements et sonorités électroniques, et jusque dans les photographies projetées en direct. Mouvement d’une belle fluidité où chacun des cinq artistes de la représentation est un élément de ce cinéma vivant.

 

PROFESSOR WOUASSA – Yobale Ma - 23H00

C’est en filigrane que l’afro-beat du combo lausannois sert de fil rouge dans ce nouvel opus qui puise avec allégresse dans plusieurs styles de musiques africaines. En plus des savoureux cocktails popularisés par Fela Kuti à travers le mélange de la high-life du Ghana, des musiques traditionnelles nigérianes, le jazz et le funk, Professor Wouassa se nourrit également de figures de la musique est-africaine comme Mulatu Astatke, musicien éthiopien qui sera à l’origine de l’ethio- jazz ou encore du légendaire Papa Wemba, star de la musique congolaise. C’est avec beaucoup de finesse et d’humilité que le répertoire de «Yobale Ma», porté par les voix de Thaïs Diarra et Mamadou Diagne, sillonne cet autre «vieux continent», avec des guitares qui claquent et des rythmiques tranchantes.

 

JEUDI 10 JUIN

QUATUOR GRINGOLTS, MALIN HARTELIUS, BERTRAND CHAMAYOU - 19H30

La venue des “Gringolts” aux Athénéennes est doublement émouvante : une rencontre nouvelle et excitante avec Bertrand Chamayou, et une interprétation du deuxième Quatuor de Schönberg avec Malin Hartelius prodigieuse. L’esthétique de cette musique est subtile : un langage en mutation – Schönberg a encore un pied dans la tonalité post-romantique et l’autre dans le projet de s’en affranchir – qui propose à ses interprètes une recherche expressive d’une grande richesse.
Il exige d’abord que l’engagement romantique soit d’autant plus passionné qu’il est tendu vers les âpretés expressionnistes. Et aussi une grande clarté contrapuntique pour donner sens à l’écriture dont le raffinement se fait progressivement plus «abstrait». Par ailleurs, c’est en mettant en musique des textes poétiques que Schönberg accomplit ce changement d’orientation de son langage. Probablement conscient de l’importance décisive de son audace,
il semble devoir étayer celle-ci avec des textes dont le sens lui font un écho symbolique. Le chant à la fois éthéré et sensuel de Malin Hartelius magnifie la beauté de ces poèmes dans une cohésion idéale avec la vaste palette du Quatuor Gringolts. Korngold écrit son Quintette avec piano à l’époque de sa gloire viennoise, bien avant qu’il ne soit «rangé» avec dédain dans la catégorie des compositeurs de musique de film. Une œuvre romantique mais sans nostalgie passéiste, où l’emphase la plus sincèrement sentimentale côtoie des tournures harmoniques pleines de surprises et des trouvailles d’une grande originalité moderne. L’intelligence stylistique, la virtuosité étincelante de Bertrand Chamayou, alliées au souffle lyrique du Quatuor Gringolts augurent d’une interprétation extraordinaire.

 

MARC PERRENOUD TRIO- 21H15

Qu’on se le dise : après avoir vu le clip «The REB» du Marc Perrenoud Trio, il est parfaitement impossible de fouler les pavés de la Vieille-Ville de Genève sans faire quelques petits déhanchés endiablés…Écrit dans la fièvre caniculaire de l’été 2019, et sorti à l’aube de l’été dernier, en plein confinement, le 5ème album du Trio, «Morphée» est tout sauf une invitation à dormir…à exulter, à rêver peut-être, à danser assurément, à lutter, à méditer, à s’embrasser. Ambiances urbaines, nocturnes et mystérieuses, grooves haletants, volutes perlées, mélodies hypnotisantes, ce disque est un bijou. Complices depuis plus de 10 ans, parcourant les scènes du monde, enrichissant leur discours, développant leurs idées, les trois musiciens forment un trio qui s’affirme une fois de plus comme l’un des plus brillants de sa génération.

 

LUDOVIT KOVAC & THALASSA - 23H00

«Il faut bien comprendre que dans les Balkans, tout procède des anciens empires» déclarait Emir Kusturica en 1995. Évoquer les balkans, c’est renvoyer à cette péninsule où l’Europe se confond avec l’Asie, comme le ciel et la mer à l’horizon… Si le terme Balkans reste lié à de profonds conflits malheureusement ravivés ces dernières décennies, il est aussi lié à une grande richesse culturelle, due à l’empreinte laissée par les empires successifs auxquels ce territoire grand comme la France doit son histoire. Celle de Rome, qui a laissé le roumain, puis de Byzance, devenue Istanbul sous les Ottomans, sans oublier l’influence germanique et hongroise dans les régions plus au nord. Trois alphabets se côtoient aujourd’hui, grec, cyrillique et latin, l’alphabet arabe ayant été abandonné au début du XXe siècle. Trois religions tentent de cohabiter, le christianisme, sous les dogmes orthodoxe et catholique, l’islam sunnite et le judaïsme d’origine séfarade. Toutes ces minorités, anciennes ou récentes – les Tsiganes arrivent au XVIe siècle – tentent de se faire entendre et de maintenir leur unité culturelle et linguistique au-delà du découpage des frontières politiques qui n’a cessé de changer au cours du temps. Unité… est-ce le bon terme quand, par définition, ce qui est vivant est mouvant, sans cesse nourri d’emprunts ? Maintenir sa différence, pour exister, serait plus approprié.
Créé par la violoniste-chanteuse-compositrice Flora Thalassa et son mari le prince du Cymbalum Ludovit Kovac, tous deux remarqués par Lord Yehudi Menuhin ou encore les Gypsy King, Thalassa, est composé de cinq merveilleux musiciens issus d’orchestres de renommée internationale de France et d’Allemagne, ayant approfondi leurs connaissances du répertoire tzigane directement sur le terrain, lors de séjours prolongés en Grèce, Roumanie, Hongrie, Slovaquie… Frénésie électrique, romantisme slave, trémolos tziganes, asymétrie rythmique, euphorie et nostalgie, Thalassa ou la promesse de vibrer et de danser !

 

VENDREDI 11 JUIN

LOUIS MATUTE QUARTET- 18H00

Louis Matute est un jeune musicien débordant d’énergie et d’appétit. Elève de Wolfgang Muthspiel et de Lionel Loueke, il est à la tête de son propre quartet qui s’inspire des formes les plus actuelles du jazz en y intégrant des éléments de musique latino-américaine. Il y a dans ce projet une volonté de retranscrire la beauté et la violence du monde à travers une musique avec laquelle l’ensemble exprime son propre folklore.
Accompagné par la nouvelle génération des musiciens du jazz suisse, nul doute que le Genevois a tout pour construire une solide carrière.

 

10 ANS ! - 20H00

En clotûre du festival, un concert pour fêter une décennie de musique. Une «jam» à la confiture athénéenne : dense, dansante, un peu décalée, un peu décadente, avec quelques-uns des artistes qui ont fait les heures belles des éditions précédentes. Il y aura entre autres invités «surprise» l’électricité très peu statique de Laurent Coulondre, le virtuose-fou des claviers groovys; le jazz tinté de balkanismes du grand Bojan Z ; le duo poétique du violoniste Pierre Foucheneret et du pianiste Simon Zaoui, dans un programme à découvrir !
Et après Zaoui…Zanon : cerise sur le gâteau de cet anniversaire, Emmanuel Christien (qui manque cruellement aux Athénéennes quand, par malheur, il n’y joue pas) se voit confier la création de Nuit et Jour du compositeur Gregorio Zanon. Après un long silence créatif, Gregorio fait ici évoluer son style inclassable tout en simplifiant le discours. Au chant étoilé et circulaire de la partie nocturne répond une fuite en avant en forme de toccata aux accents de musique karnatique. Selon les mots du compositeur : «Je cherche encore cette musique à la fois directe et insaisissable, rêvée sans être absurde, Nuit et Jour est dédiée à ma fille Gaia.»

 

BAIJU BHATT & RED SUN - 22H00

Le nouveau répertoire du quintette de Baiju Bhatt exacerbe encore un peu plus un grand écart déjà à l’oeuvre dans leur précédent album «Eastern Sonata». Avec l’agilité d’un funambule, le groupe accentue encore l’ambivalence et les contrastes qui peuvent exister entre l’orient et l’occident et dans ce cas précis, l’opposition entre cette horizontalité, souvent très ornementée, de mélodies indiennes qui sont soutenues par des pics verticaux d’une harmonie jazz contemporaine. S’ajoute à cela le timbre et les incursions «alla turca» des saxophones de Valentin Conus appuyés par le piano aérien de Mark Priore. Un jazz en fusion oriental, comme un tapis volant au-dessus des Indes, des Balkans et du monde arabe, tissé de brillance et d’emballements.

 

BOODAMAN / GARANCE - 23H45

Showman absolu derrière ses synthétiseurs modulaires, Boodaman proposera un live set, véritable ballet de machines et de sons extraordinaires, et présentera son nouvel album Subsequent, sorti au printemps dernier sur le label genevois THREEEKNOBS.

Figure incontournable de la scène electro, et «mascotte» du festival, Garance sera derrière les platines pour la clôture de cette édition festive, et nous fera danser jusqu’au petit matin avec un DJ set techno mélodique.

 

 

10e Festival Les Athénéennes - 2e semaine - 9 au 11 juin 2021

CHF 10.- à 20.-
Alhambra
Salle de concert
Vieille-Ville
Rue de la Rotisserie 10
1204 Geneva
Suisse
Du 09/06/2021 au 11/06/2021