Beth & Patricia, c’est une histoire de famille. Ce duo mère-fille capverdien vit à Genève et partage une complicité naturelle où la musique relie les générations. D’un côté Beth, la mère qui écrit et compose, accompagnée de sa guitare et de son cavaquinho. De l’autre Patricia, la fille, la chanteuse avec une voix sincère et lumineuse. Ensemble, elles ont donné naissance à Miss Sodadi, un premier album imprégné de nostalgie et d’affection pour les proches et la ville natale de Beth : Praia. Elles seront sur la scène du Festival Voix de Fête le 21 mars à L’Épicentre pour un concert intimiste et chaleureux. Chants traditionnels et répertoire de musiques originales, ne loupez pas cette belle découverte musicale. Nous leur avons posé quelques questions.
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Comment est né le projet BETH & PATRICIA ? En quelle année ?
Le projet BETH & PATRICIA est né naturellement, dans un cadre familial. La musique a toujours fait partie de notre quotidien, et le duo mère-fille s’est imposé au fil du temps, entre reprises et moments partagés. Il est difficile de donner une date précise : aussi loin que nous nous en souvenons, nous avons toujours chanté ensemble. Maman à la guitare et Patricia fredonnant à ses côtés. À l’origine, c’était pour faire vivre nos racines cap-verdiennes, puis cela est devenu un véritable projet artistique. Notre premier album est sorti en 2018.
Quelle histoire se cache derrière votre nom ?
Le nom Beth & Patricia affirme notre lien de mère et fille et notre manière de faire de la musique : avec intimité, complicité et transmission. Il symbolise aussi un projet personnel et universel, qui parle à tous.
Comment décririez-vous votre univers musical à quelqu’un qui vous découvre pour la première fois ?
Notre univers est ancré dans la musique traditionnelle cap-verdienne, avec ses genres typiques qui sont la Morna, Coladeira, Batuko et Funaná. Nous mettons l’accent sur la voix et l’émotion, et valorisons les instruments traditionnels comme le cavaquinho, le ferrinho et la chabeta. C’est une musique chaleureuse, nostalgique, lumineuse, authentique et vivante.
Quelles sont vos principales influences artistiques, locales ou internationales ?
Nos influences viennent du Cap-Vert, de ses grandes voix et de ses traditions. Cesária Évora reste une référence essentielle. Nous nous inspirons aussi de la musique traditionnelle transmise par oral, et d’artistes cap-verdiens comme Tito Paris, Sara Tavares, Orlando Pantera ou Tcheka. Au-delà, nous puisons dans la variété française, le jazz et la soul.
Est-ce que le public genevois est réceptif à votre musique ? Votre fanbase est-elle plutôt à l’international ?
Oui, le public genevois est très réceptif. Genève est multiculturelle et curieuse, et le public accroche autant à l’émotion qu’à la richesse culturelle de notre musique. Lors de notre dernier concert sur la scène Ella Fitzgerald, nous avons été ravies de voir un public mêlant fidèles et nouvelles découvertes. La musique cap-verdienne touche aussi un public international, notamment via la diaspora et les réseaux.
Quels sont vos projets à venir ?
Nous préparons de nouveaux concerts, compositions et collaborations pour continuer à faire évoluer notre identité artistique. Nous travaillons également sur un recueil de mornas basé sur l’héritage de notre aïeul , Alipio Soares de Carvalho (père de Beth), qui en a écrit des centaines. Il est urgent de préserver et redonner vie à cette mémoire. Ce projet demandera un vrai travail de recherche, tant sur le plan artistique que familial.
Pourquoi est-ce le bon moment pour découvrir BETH & PATRICIA aujourd’hui ?
Il n’y a jamais vraiment de “bon moment” : nous serons toujours là pour partager notre musique et faire vivre la scène genevoise. A présent, nous avons atteint une phase où nous sommes pleinement sûres de nous et de ce que nous voulons transmettre. Notre musique est mûre, sincère et raconte une histoire vraie de mère et fille. Elle est humaine, organique et rassemble : même sans connaître le Cap-Vert, l’émotion passe immédiatement.
Retrouvez le duo sur Instagram et Youtube
Samira H. & Koloina A. – reporter pour Color My Geneva – tous droits réservés



