Culture

Rencontre avec Once Cute Band, groupe de pop-rock

Once Cute nous embarque dans son univers indie pop-rock coloré, entre amour, mélancolie et influences venues d’ailleurs.

Once Cute, c’est une aventure musicale née en 2024 dans le Pays de Gex, à la croisée de l’indie pop-rock, de l’alternatif et de la soul. Porté par des compositions originales, le groupe aime jouer avec les sonorités, les langues et les émotions pour créer un univers aussi coloré que mélancolique.

Après Colours of Love, un premier album composé par Lucie et Dorian Picard, Once Cute ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre avec Ici et ailleurs. Entièrement composé par les membres actuels du groupe, ce nouvel album inédit nous emmène dans un voyage entre joie, amour et mélancolie, avec des morceaux en français, en anglais, en espagnol, en japonais, en malgache ou encore en persan.

Pour l’instant, c’est sur scène que l’univers de Once Cute prend pleinement vie. Mais le groupe voit déjà plus loin : l’objectif est d’entrer en studio en 2027 pour enregistrer Ici et ailleurs et donner une nouvelle dimension au projet. En attendant, les concerts se multiplient entre la France et la Suisse. Nous avons eu l’occasion d’échanger avec le groupe pour en découvrir davantage sur son histoire, ses inspirations et ses projets.

Comment est né Once Cute ?

Once Cute est né de la volonté de créer un groupe de composition de chansons originales dans le Pays de Gex. En septembre 2023, notre chanteuse et compositrice, Lucie, à son arrivée dans le Pays de Gex, a rencontré sur son lieu de travail Dorian, compositeur et multi-instrumentiste, qui lui a proposé de collaborer pour un album sous son nom d’artiste, Innocence of Youth. C’est ainsi qu’est né, en juin 2024, Colours of Love, un album qui propose d’explorer le thème de l’amour en 11 couleurs, chaque chanson correspondant à une couleur différente.

La composition, l’écriture et l’enregistrement se sont étalés sur neuf mois, dans leurs logements respectifs avec les moyens du bord, et se sont faits à distance, entre le Pays de Gex et Bourg-en-Bresse, où habite Dorian, sans avoir jamais joué les chansons en direct. Au moment de la sortie de l’album, Dorian obtient sa mutation à Bourg-en-Bresse, où il résidait déjà. Ayant d’autres projets musicaux, il encourage Lucie à monter un groupe, toujours sous le même nom, dans le Pays de Gex, dans le but de créer des arrangements adaptés aux prestations live des morceaux, de les faire vivre sur scène, puis de créer de nouvelles compositions.

Lucie poste alors des annonces sur plusieurs sites et rencontre par ce biais Giuseppe, guitariste et bassiste souhaitant développer ses propres compositions, à l’été 2024. Salvatore, guitariste, les rejoint en septembre, puis, en octobre, c’est le tour de Thomas, guitariste et pianiste, ainsi que de Kyungmin, batteuse, puis, en janvier, de Vicky, pianiste.

Pendant la saison 2024-2025, nous avons donc travaillé aux arrangements live des morceaux de Colours of Love et avons fait nos premiers concerts (dont une 2e place au tremplin d’hiver de la Groove Art School de Cessy). Lucie a intégré des paroles additionnelles et des solos ont été ajoutés par les autres musiciens pour donner davantage d’ampleur aux titres. Giuseppe et Lucie ont également travaillé sur de nouvelles compositions, notamment Go On, Fifalina, Don’t Tell Me It Was Love et Wanting You.

En juin 2025, Dorian a souhaité récupérer le nom Innocence of Youth, ce qui avait du sens puisque nous composions désormais de nouveaux titres. S’en sont ensuivis neuf mois de débats et de brainstorming général pour trouver un nouveau nom. En attendant, on a adopté le nom provisoire New Name Loading. C’est finalement en janvier 2026 que l’on s’est accordés sur Once Cute, par goût de la concision de l’anglais, par volonté de s’inscrire dans une certaine nostalgie et surtout par autodérision.

Avant de changer de nom, on avait déjà trouvé le titre de notre album, Ici et ailleurs. L’étape suivante a été de créer un logo, ce qui a là aussi été source de nombreux débats. Après avoir travaillé avec une jeune graphiste, c’est finalement Giuseppe qui a dessiné et numérisé notre logo actuel, ainsi qu’un motif destiné à orner nos tenues de scène, un imprimé bleu et blanc formé à partir de nos initiales.

La composition des membres du groupe a aussi évolué en plus de deux ans, puisque Philippe a remplacé Kyungmin à la batterie, Thomas et Lucie ont remplacé Vicky au clavier, nous avons eu la joie d’avoir une choriste, Chloé, pendant quelques mois, et nous préparons depuis l’année dernière la succession de Salvatore, qui va déménager en juin prochain, avec Victoria.

Vous définissez votre univers comme pop-rock. Quelles sont les influences, musicales ou autres, qui façonnent le son et l’identité de Once Cute ?

Lorsqu’on nous demande quel est notre style musical, nous nous rappelons toujours de l’affiche du Tremplin d’hiver de la Groove Art School de Cessy, notre tout premier concert en janvier 2025, lors duquel une coquille nous avait identifiés comme groupe « indie-po ». Nous sommes d’âges variés (de 29 à 46 ans) et la musique que nous composons naît précisément de ce mélange entre références rock standards et pop commerciale actuelle.

Chacun amène une touche ou une coloration spécifique : tantôt du funk, de la soul ou encore de la world music. Giuseppe, en particulier, a vécu au Japon et à Madagascar, et joue également d’un instrument traditionnel japonais, le sanshin (ce qui signifie littéralement « trois cordes »), ce qui a une influence sur ses compositions. Il amène toujours beaucoup de douceur, de finesse et de joie dans les titres, là où Lucie a un style plus tourné vers la pop, parfois plus incisif.

Thomas a une formation de pianiste classique et aime apporter de la complexité aux morceaux ainsi qu’une petite touche de metal par moments ; Salvatore crée des solos qui versent parfois vers l’alternatif, voire le psychédélique, tandis que Philippe amène une énergie rock très efficace et entraînante. Notre style est donc, en résumé, un grand mélange qui s’équilibre, mais cela reste globalement de la pop et du rock pas trop énervé.

Quand vous créez un nouveau morceau, comment se déroule le processus au sein du groupe, de la première idée jusqu’à la chanson que le public découvre ?

Chaque chanson d’Ici et ailleurs a un compositeur principal, c’est-à-dire une personne qui arrive avec déjà une idée d’accompagnement dans son instrument, des accords et une proposition de structure, parfois des paroles ou des idées de thème. Il partage le tout au groupe, on fait tourner la chanson, chacun s’y positionne avec son instrument et fait des propositions.

On aime aussi, par moments, complètement changer le style de la chanson, l’effet du clavier… pour se laisser la possibilité d’explorer une autre dimension, qui parfois permet de complètement renouveler l’ambiance originale.

Au niveau des paroles, soit le compositeur arrive avec les paroles prêtes (ça a été le cas de Giuseppe pour Go On et Fifalina, et de Lucie pour Wanting You, Fire et Don’t Understand), auquel cas on les retravaille parfois, mais l’essentiel arrive déjà prêt ; soit le compositeur laisse plus ou moins carte blanche (avec souvent un thème précis) à Lucie pour mettre des paroles sur sa musique (ça a été le cas pour Don’t Tell Me It Was Love et Come and Join Us, composées par Giuseppe), ou encore les paroles sont écrites par deux personnes qui collaborent dessus (c’est le cas d’Oublie-Moi, composée par Thomas et écrite par Lucie et Thomas, ou encore de Waste No Time, composée par Giuseppe et écrite par Philippe et Giuseppe).

On a, pour le moment, une seule expérience de création musicale entièrement collective, qui est What’s Your Name Again?, partie d’une improvisation sur un coup de tête. Salvatore, de son côté, fait un travail d’orfèvre avec ses solos de guitare et de modulation d’accords qui élèvent toujours la qualité musicale des morceaux, et Philippe trouve spontanément l’accompagnement à la batterie.

À force de répéter la nouvelle chanson et d’essayer des variantes dans la structure et les nuances, on finit par se mettre d’accord (non sans débats parfois !) et par fixer la structure définitive. En cas de désaccord, on essaie de fonctionner démocratiquement, car on a des sensibilités différentes, mais ce qui nous tient à cœur est que le résultat final arrive à toucher et à emporter le plus possible le public avec nous.

On a tendance à attendre parfois longtemps avant d’oser présenter une nouvelle chanson en concert, parce qu’on a envie que ce soit réellement fixé et « carré » avant de se lancer. Et quand c’est enfin le moment, voir le public réagir en direct est la plus belle des récompenses.

Mais le processus est très addictif : à peine terminée une chanson, de nouvelles idées surgissent ! En définitive, le plus long, ce n’est jamais la création de la base musicale (accords, structure, paroles), qui est toujours très spontanée, mais tout ce processus d’échange et de finalisation des détails, qui est cependant essentiel.

Votre projet est ancré dans le Pays de Gex. Quelle place cette région et sa scène musicale occupent-elles dans votre histoire et dans le développement du groupe ?

Le Pays de Gex est réellement notre berceau en tant que groupe. La plupart d’entre nous avaient été ou sont toujours dans des groupes de reprises, mais c’est dans cet environnement que, d’une part, nous nous sommes tous rencontrés et, d’autre part, que nous avons découvert la composition et concrétisé cette dernière en portant sur scène nos propres chansons (autres que celles de Colours of Love, qui demeurent techniquement des adaptations live des chansons studio d’Innocence of Youth, Lucie en étant le seul dénominateur commun).

Le Pays de Gex est une région fascinante et très stimulante, à la fois par ses paysages, entre Jura, Alpes, lacs et champs paisibles, qui invitent à la contemplation et, plus généralement, à l’élévation (Lucie avait écrit Green pour immortaliser sa première rencontre enchantée avec les forêts jurassiennes), mais aussi par son caractère transfrontalier et cosmopolite : nous habitons et répétons tous dans le Pays de Gex, nous travaillons entre France et Suisse, mais avons en commun d’être tous des Gessiens d’adoption et représentons ou avons représenté pas moins de dix nationalités : française, suisse, italienne, iranienne, anglaise, sud-coréenne ou encore grecque.

Cette ouverture internationale, déconnectée de l’agitation et du stress des grandes villes, est particulièrement stimulante. Dans le même temps, le Pays de Gex est aussi un conservatoire de fêtes et traditions rurales anciennes (la Fête de l’Oiseau, les fêtes agricoles propres à chaque ville ou village…), et c’est ce contraste qui enrichit et permet la rencontre avec l’autre sans sortir de chez soi.

Le CERN, où nous avons la chance de nous produire, est aussi un microcosme à part entière. C’est cette expérience commune du Pays de Gex qui nous a amenés à structurer notre album Ici et ailleurs autour d’une logique spatiale : notre ancrage dans le Pays de Gex nous nourrit, de même que nos respirations lors de nos voyages respectifs… mais le Pays de Gex est à lui tout seul, simultanément, cet Ici et ailleurs !

Les chansons composées sont ainsi tantôt d’« ici », dans l’espace du quotidien (Wanting You, Fire, Waste No Time, Come and Join Us, What’s Your Name Again?), tantôt d’ailleurs (Go On, avec des passages en japonais, Fifalina, en français et malgache, Oublie-Moi, avec des passages en farsi, Don’t Tell Me It Was Love), voire projetées vers l’au-delà (Don’t Understand).

Au-delà du style musical, qu’aimeriez-vous que le public ressente ou retienne après avoir écouté un morceau ou assisté à un concert de Once Cute ?

Le propre de la création artistique est de pouvoir provoquer une multitude d’émotions et de réflexions. Nous créons des chansons, nous y mettons certaines intentions et colorations, mais leur impact nous dépasse : l’œuvre échappe forcément à son créateur, et c’est précisément cette autonomie qui fait qu’elle lui survit.

De manière générale, nous sommes heureux lorsque nous ressentons une forme de communion avec le public lors de la performance et qu’après le concert, des personnes viennent nous voir en nous disant ce que ça leur a évoqué (une émotion, un souvenir, une personne chère…). Ça ouvre un dialogue, cette fois-ci dans l’autre direction : lorsque nous sommes sur scène, nous donnons beaucoup, mais nous recevons aussi énormément du public.

Notre objectif final serait de voir tout le monde danser du début à la fin et chanter avec nous ! Chaque chanson est une forme de question, de porte présentée au public, libre à chacun d’y répondre ou de l’ouvrir, mais l’objectif est toujours de créer une réaction et que le concert soit un moment d’où l’on ressorte avec un peu plus de joie et d’espoir dans la vie qu’auparavant.

L’année dernière, à la fin de l’un de nos concerts, un spectateur, ancien musicien, nous a confié qu’il vivait une période difficile et que notre prestation lui avait donné l’envie et la motivation de se remettre à la musique. C’est l’un des plus beaux compliments que l’on puisse recevoir.

Qu’est-ce que la scène apporte à vos morceaux que l’on ne retrouve pas forcément lors de leur création ou de leur enregistrement ?

Pour l’heure, la seule façon d’entendre Ici et ailleurs est de venir nous voir en concert ! La scène apporte, à notre sens, toujours plus de chaleur, d’intensité, de variations (et aussi d’imperfections) et, en somme, d’humanité.

Voir un groupe jouer sur scène crée une émulation qu’on ne peut pas ressentir chez soi. Entre les vibrations des basses et de la batterie, nos petits jeux de scène et ce moment de partage qu’on ressent tous (aussi bien en tant que musicien que spectateur), tout ça est juste unique.

Nous avons aussi adapté à la scène les morceaux de Colours of Love qui comptent beaucoup d’effets et de bandes multipistes. On s’est beaucoup amusés à les arranger et ces versions « live » sont parfois vraiment très différentes de la version « album ». N’hésitez pas à venir nous voir et nous dire quelles versions vous préférez !

Quelles sont les prochaines dates ou prochains projets en cours ?

Notre projet principal de l’année est celui de l’enregistrement en studio professionnel de notre album Ici et ailleurs, pour lequel nous recherchons activement des financements (concerts rémunérés, dons…). Par la suite, nous aimerions tourner nos propres clips vidéo. Nous sommes aussi attentifs à l’identité visuelle : nos costumes de scène sont toujours en évolution, et nous aimerions à terme créer et proposer des produits dérivés avec notre logo.

Nous avons également encore deux concerts de prévus pour 2026 :

  • Vendredi 6 novembre à partir de 19 h au QG à Ornex (avec en première partie le duo formé par Lucie et Salvatore, qui font des reprises).
  • Samedi 5 décembre (en soirée, horaire à venir) à la salle du Levant de Ferney-Voltaire au profit du Téléthon.

Les réseaux sociaux de Once Cute :

Instagram : @oncecuteband

Facebook : @oncecuteband

Mail : oncecuteband@gmail.com

Site internet : oncecuteband

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Morgane F. – reporter pour Color My Geneva – tous droits réservés

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