Derborence, un nom qui résonne doucement à l’oreille… Très jeune, Vincent Chabloz a la chance de vivre ses vacances d’été dans un des 18 chalets que compte le cirque de Derborence. Dans ce coin reculé et préservé, il découvre avec émerveillement les nombreux animaux et oiseaux qui y vivent. Ces temps de découverte vont fortement marquer l’enfant et décider de sa vocation d’adulte : raconter pour mieux protéger… Avec ce premier long métrage, il nous invite à le rejoindre dans son royaume mais en adoptant un autre regard, celui des habitants de ces lieux !
“Derborence, le temps des animaux” de Vincent Chabloz
Sortie le 28 octobre 2026
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Derborence, le lieu de toutes les légendes
Le cirque de Derborence est un lieu particulier, sublimé par le romancier vaudois Ramuz dans son livre du même nom. Il s’inspire de la légende ( le diable est réputé jouer aux quilles, ce qui provoque les chutes de pierres tant redoutées) et de l’éboulement survenu aux Diablerets en 1714 pour raconter le quotidien d’une communauté de paysans montagnards, entre espérance et fatalité. Mais c’est en 1749 qu’aura lieu la deuxième catastrophe naturelle qui eut pour conséquence de créer un lac de montagne (le plus jeune lac naturel d’Europe) mais aussi de rendre ce coin peu accessible aux humains. Cet isolement s’est réduit avec la construction (de 1951 à 1967) d’une route pour remplacer le chemin des mulets et favoriser l’exploitation des vallées.
Aujourd’hui, les touristes peuvent découvrir l’endroit en été car la route est fermée en hiver. Pour une journée (sauf s’ils logent dans un des rares chalets du lieu), ils randonnent, font le tour du lac (sans se baigner), tout en restant sur les sentiers balisés. Certaines zones sont interdites comme la partie sud du lac, la forêt primaire (à l’exception du sentier qui la traverse)… C’est cet endroit magique et isolé qui est mis en lumière dans « Derborence, le temps des animaux ».
Une nouvelle perspective très réussie
Encore un documentaire animalier pourriez-vous penser … Qu’a-t-il de différent par rapport aux récits plus récents d’un autre Vincent, Mugnier cette fois-ci, avec « Le chant des forêts » ou « La panthère des neiges » ? En fait, Vincent Mugnier nous racontait des histoires de quête, l’homme qui se met à la recherche d’un animal perdu, d’un lieu rêvé mais qui disparait…
Ici, point de tout cela. Le vaudois et cinéaste animalier Vincent Chabloz se met délibérément et de manière très astucieuse du côté des animaux… Ils sont légions et infiniment variés : gypaète barbu, grenouille rousse, hermine, bouquetin des Alpes, tétras lyre… Avec patience et finesse, Vincent Chabloz a saisi des images à la fois drôles, cruelles, poétiques ou triviales de cette communauté, suivant le rythme des saisons. Dans ce cirque magnifique et préservé, ceux-ci vivent à leur rythme, dans un faux silence, loin des tracas et du bruit… jusqu’à l’arrivée des intrus. Qui sont-ils ? C’est nous, les humains… Le calme est tout à coup troublé selon l’époque par des bruits de tronçonneuses, les éclats de voix de skieur, le klaxon du car postal ou le rire de jeunes enfants. Vincent Chabloz a ainsi choisi de filmer les gens de la même manière que les animaux, au téléobjectif, caché pour ne pas être vu, prêt à surprendre les moindres faits et gestes. Nous nous regardons avec les yeux des véritables hôtes des lieux… Et le résultat est remarquable et plein de délicatesse.
Une parenthèse enchantée à s’offrir absolument.
Virginie Hours, reporter pour Color My Geneva – tous droits réservés




