Culture

Rencontre avec l’humoriste Benjamin Décosterd

Entre passion pour l’écriture, adrénaline du stand-up et ironie incisive face à l’actualité, Benjamin Décosterd se livre sur les coulisses de son métier.

Rencontre avec un auteur qui place le plaisir du texte et la spontanéité au cœur de sa démarche artistique.

Alors qu’il s’apprête à conclure la tournée de son premier spectacle, notamment le 23 avril prochain à Chêne-Bourg, le chroniqueur de Couleur 3 partage ses réflexions sur les nuances entre radio et scène tout en esquissant déjà les contours de ses futurs projets.


Tout a commencé avec son blog 9h20, où il s’est imposé une rigueur d’écriture quotidienne sur l’actualité. Grâce à cet exercice, les portes vers de grands médias se sont ouvertes (RTS, radio, télévision). Il se distingue par un regard critique et un humour clivant. Il joue avec ironie en abordant les contrastes de notre époque, entre postures morales inclusives et capitalisme débridé.

Il a collaboré avec des figures majeures comme Thomas Wiesel, Vincent Kucholl ou Blaise Bersinger, participant à des succès tels que 120’, Mauvaise Langue ou La Revue de Lausanne.

Chroniqueur régulier pour Les Beaux Parleurs, Femina, Watson et la matinale de Couleur 3, il a su imposer sa voix dans de nombreux formats, de la presse écrite au débriefing TV en direct.

Après des années consacrées à l’écriture de chroniques, il lance son premier spectacle en 2024. Il marque ainsi une transition importante, ne montant sur scène qu’après avoir trouvé un propos qu’il jugeait assez mature pour être partagé. Nous avons posé quelques questions à Benjamin Décosterd.


Radio, stand-up ou écriture de votre spectacle : quel est le terrain où vous prenez le plus de plaisir aujourd’hui ?

 Ce sont des exercices différents, et donc le plaisir est différent. Je crois que ce que je préfère dans mon métier c’est écrire. Pour ça, la radio c’est génial. Surtout que dans la matinale de Couleur 3, j’ai une liberté totale. Ce qui en fait un terrain de jeu et un laboratoire super. Dans les plateaux de stand-up, il y a une couche d’immédiateté et de spontanéité qui vient s’ajouter à l’écriture. Si on ajoute l’adrénaline de tester des blagues pour la première fois devant un public ça donne un truc très jouissif. Pour ce qui est du spectacle, j’ai fini de l’écrire il y a longtemps. Mais j’aime beaucoup m’amuser avec ce texte. Sentir le public, voir ce qui le fait marrer, et adapter le rythme en conséquence. À force de le jouer j’ai découvert que l’interprétation c’est une autre forme “d’écriture”. Et puis j’ajoute toujours quelques minutes de blagues sur l’endroit où je joue: ça permet de rendre chaque représentation vraiment unique.

Est-ce que vous pouvez nous partager un bon souvenir que vous avez eu avec le public genevois ?

J’ai eu la chance de jouer mon spectacle 4 fois au Comedy Club de Carouge. Et à chaque fois j’ai été hyper bien accueilli par les gens dans la salle. Étant donné que c’est un public d’habitués et de connaisseurs de stand-up et d’humour en général, j’ai trouvé très gratifiant que les gens aient aimé le spectacle. 

Sinon, j’étais assis à côté de trois supporters du GSHC en septembre dernier à la Vaudoise Arena quand le LHC a battu le GSHC 11-0. C’est aussi un excellent souvenir que j’ai avec le public genevois.


Y a-t-il des formes d’humour adaptées à la radio qui fonctionnent moins sur scène ?

Je ne sais pas. J’essaie de ne rien m’interdire nulle part. Après, c’est vrai qu’en radio, on peut s’appuyer sur une phrase maligne et bien tournée mais qui n’est pas forcément hilarante. Tandis que dans un passage de stand-up de 5 minutes, si on ne génère que des sourires ou des petits rires, c’est un peu plus gênant.

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Faire plus de plateaux de stand-up pour commencer à défraîchir le deuxième spectacle qui commence déjà à naître dans ma tête. Et en parallèle continuer les chroniques radio.

Où pourra-t-on vous retrouver sur les scènes genevoises ou romandes ?

Avec le spectacle, ça sera le 23 avril à Chêne-Bourg (vous le saviez déjà). Le 25 à Tavannes (vous l’apprenez certainement). Il y aura peut-être quelques dates à l’automne, c’est en discussion. Et puis je le jouerai une dernière fois en fin d’année à Lausanne, à une date encore inconnue. Il y aura des copains en première partie, une représentation qu’on filmera et après on enterrera ce premier spectacle en buvant des verres.

Et puis d’ici là, je vais essayer de jouer un peu partout en Suisse romande, pour faire des plateaux de stand-up comme je vous le disais avant. D’ailleurs, je ne peux que vous encourager à aller y découvrir les autres humoristes romands (après être venus voir mon spectacle à Chêne-Bourg évidemment). Que ce soit: au Caustic à Carouge; au Ch’nit et Boulimie à Lausanne; Please stand-up à Fribourg; Plaisanteries et aux Open Mic de la Grenette à Vevey; et encore tous les plateaux que j’oublie ou que je ne connais pas. Bref: il y a de quoi faire.

Les réseaux sociaux de Benjamin : 

Facebook : https://www.facebook.com/ben.decosterd/

Instagram : https://www.instagram.com/benjamindecosterd/

X : https://x.com/Bendcstrd

Envie de découvrir les coulisses de la création romande ?

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Crédit photo : Laura Gilli

Giorgio P. – reporter pour Color My Geneva – tous droits réservés

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