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Rencontre avec Skojiro, rappeur genevois d’origine malgache

Entre ses racines malgaches, son ancrage suisse et ses inspirations japonaises, Skojiro trace une identité musicale singulière à la croisée des cultures. Artiste genevois en pleine ascension, il s’apprête à dévoiler le 28 juin son nouvel EP Koji le Kho Vol. 2.

Né à Madagascar, Skojiro grandit à Genève en Suisse. Il commence à écrire ses premiers textes à 16 ans, d’abord simplement pour freestyler avec ses amis.

Avant d’adopter son nom actuel, il passe par plusieurs identités artistiques : Lyrical Sauvage, sous lequel il ne sortira aucun son, puis Ina Kan, avec lequel il publie la mixtape Sonno Joi, produite entre Madagascar et Genève, avant de se fixer définitivement sur Skojiro.

Artiste brut et instinctif, il alimente régulièrement sa chaîne YouTube avec ses morceaux, parfois sans mixage ni stratégie de promotion, dans une démarche purement spontanée de partage. Il collabore principalement avec son cercle proche, notamment Glizzy07, Aray et UD, tout en privilégiant les projets solo.

Ce n’est qu’en 2024 qu’il dévoile son premier projet officiel, Koji le Kho Vol.1, disponible sur les plateformes de streaming. Il revient aujourd’hui avec un nouvel EP, Koji le Kho Vol. 2. Nous lui avons posé quelques questions.


1. À quoi votre nom d’artiste fait-il référence ?

Mon nom d’artiste fait directement référence à Sasaki Kojiro. C’est en lisant les livres La Pierre et le Sabre ainsi que La Parfaite Lumière d’Eiji Yoshikawa que j’ai connu Kojiro. Ces livres retracent principalement l’histoire de Musashi, qui est connu pour être le meilleur samouraï de tous les temps. Kojiro était son plus grand rival.

Kojiro était redoutable dans son maniement du sabre, dans sa découpe et dans ses techniques. Je voulais allier ça avec ma musique, mon rap et mes flows. J’aurais pu prendre le nom de Musashi, mais je trouve que Kojiro sonne beaucoup mieux. De plus, j’aimais bien le fait que ce ne soit pas lui le plus célèbre, mais qu’il était tout aussi talentueux et dangereux que Musashi quand il s’agit de découper.

2. Vous êtes né à Madagascar et avez grandi en Suisse. Comment ce double héritage influence-t-il votre musique et votre univers artistique ? Quelles sont vos principales inspirations musicales et culturelles ?

Dans ma famille, mes cousins font aussi du rap. À une époque où je ne faisais pas encore de musique, Poetika, mon grand cousin, a créé le groupe Urban Cité avec ses amis du quartier. Plus tard, j’ai fait mes premiers pas dans le son avec eux. C’est pour ça que ma chaîne YouTube s’appelle Urban4Life, en référence à Urban Cité. Vous pouvez nous retrouver ensemble sur le single SKM SESSION, produit par Avo Noize et sorti récemment en 2025.

Pour ce qui est de l’héritage suisse, il y a surtout celui de Genève. J’ai fait énormément de sons avec l’artiste Kilo Loki au studio Flyfish, qui était d’abord situé à Carouge, puis à la Jonction. La majeure partie de mes morceaux ont tous été créés à Genève. Le fait d’avoir grandi et de vivre ici fait que, dans ma musique, il y aura toujours une dédicace à la ville.


3. En tant que rappeur, comment construisez-vous un morceau, de l’écriture jusqu’à l’enregistrement en studio ?

Je débute d’abord par la sélection de l’instrumentale. Une fois la prod choisie, la session d’écriture commence. Pour faire un morceau, ça peut me prendre 1 heure comme 8 heures, ça dépend vraiment de l’inspiration.

J’enregistre souvent des maquettes du son chez moi que j’écoute en boucle avant de passer au studio.

Lorsque je suis sûr de mon track, je vais l’enregistrer. Actuellement, je vais à La Mine Studio situé à Carouge pour faire ma musique. Il m’arrive aussi d’aller dans d’autres studios comme chez Lprodux à Blandonnet ou, plus récemment, chez Ouss47 aux Palettes.

4. Y a-t-il un projet que vous souhaitez particulièrement mettre en avant en ce moment ?

Un beau projet que j’aimerais mettre en lumière est mon EP Koji le Kho Vol 1 et plus particulièrement le morceau Pastek.

Ça reste mon morceau favori à ce jour.

Ce track est différent des autres sons que j’ai pu faire. Le beat est signé par Avo Noize, un duo de beatmakers du Mans. Dès que j’ai entendu les premières notes de la prod, j’ai directement su que j’allais la sélectionner.

Le son a été mixé et masterisé par Blakk Shaolyn, et le clip tourné à Londres, signé par la réalisatrice Mayall. Deux génies issus du collectif Nasaers, un collectif malgache opérant entre l’Angleterre et la France. S/o Nasaers.

5. Y a-t-il beaucoup de scènes disponibles pour les rappeurs à Genève ?

Il y a pas mal de scènes et je trouve que ça bouge bien niveau rap. Des lieux comme le Chat Noir, l’Usine, la Jonquille ou encore le Groove.

Après, il y a tellement d’artistes à Genève et dans la région qu’il en faudrait encore plus, surtout au niveau médiatique. Je pense à des médias comme OnzMTL au Canada ou encore Thizzler en Californie. Il manque un relais médiatique solide à Genève pour le rap.

Grosse force à tous les gens qui font bouger les choses, chacun à sa manière, chacun avec sa méthode.

Je vois que dans chaque quartier de Genève, sans exception, il y a des mouvements, même dans la campagne profonde. Big up GVA.

6. Quels sont vos prochains projets musicaux et les prochaines étapes de votre parcours ?

J’ai mon projet Koji le Kho Volume 2 qui sort le 28 juin. Un EP de 5 titres. J’ai commencé l’écriture de ce projet en décembre 2025 et tout s’est enchaîné assez vite.

Il y a un morceau en featuring avec l’artiste lausannois Glizzy07 ainsi que l’artiste genevois Shino. Vous pourrez également retrouver le duo de beatmakers Avo Noize, ainsi que Viper Beats et Silentsyndicate.

On a tourné l’intro de l’EP avec TkT Production, un jeune réalisateur genevois. J’ai également collaboré avec le designer suisse ZeroZero pour la cover ainsi que pour les visuels du projet.

C’est la fin de l’interview. Merci à Color My Geneva pour l’invitation. Allez streamer Koji le Kho Volume 2 ! Des clips arrivent bientôt !

Les réseaux sociaux de Skojiro :

Chaine YouTube : Urban4life

Instagram : @skojiro_urban

Spotify : Skojiro

Apple Music : Skojiro

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Genève brille de mille feux grâce à ses nombreux talents ! Il nous tient à cœur de mettre en avant des artistes locaux et leurs arts. C’est pourquoi nous offrons une tribune aux artistes locaux à travers notre média Color my Geneva. Après avoir exploré l’univers de Skojiro plongez dans notre rencontre avec le duo de rappeurs Swift Guad et Sentin’l.

Koloina A. – reporter pour Color My Geneva – tous droits réservés


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