Après avoir foulé de nombreuses scènes, du Montreux Jazz Festival au Cully Jazz Festival, Azure ne compte pas s’arrêter là ! Avec son univers néo-soul, cette artiste suisse-américaine séduit par sa voix envoûtante, ses grooves nostalgiques et ses textes sincères.
Son premier single, « Signs », attire rapidement l’attention et la propulse sur le devant de la scène. Son deuxième single, « What Do I Do? », confirme son univers musical et lui permet de s’imposer davantage dans le paysage musical suisse. Depuis, sa notoriété ne cesse de grandir dans son pays natal comme à l’international.
L’année 2025 marque un véritable tournant pour Azure, et 2026 s’annonce tout aussi prometteuse. Après la sortie de son deuxième EP en février, l’artiste s’est lancée dans une tournée qui l’a notamment menée à New York, Londres et sur la scène de l’Alhambra à Genève. Début juillet, elle a également dévoilé un nouveau single, « My Girls ».
Avec un parcours qui prend de l’ampleur et de nouveaux projets en perspective, aucun doute qu’Azure continuera à faire parler d’elle et à séduire un public toujours plus large. Nous avons eu l’occasion de lui poser quelques questions.
Pourriez-vous revenir sur vos débuts sur scène ?
En réfléchissant je me rends compte que j’ai passé une bonne partie de ma vie sur scène. Malgré le fait que j’ai orchestré des performances pour ma famille à la maison depuis toute petite, ma première expérience sur une vraie scène était vers l’âge de 4 ans, quand j’ai commencé la danse classique et participais aux spectacles de mon école de danse. Quelques années plus tard, j’ai intégré la comédie musicale et à travers cette académie et leurs shows du style ‘West End’, j’ai eu beaucoup d’opportunités de me produire sur scène. De même quand j’ai repris une formation préprofessionnelle de danse classique à mes 14 ans. Il y a trois ans j’ai fait mon premier concert solo en tant que chanteuse. J’étais assez nerveuse car même avec toutes ces années devant un public, je n’étais presque jamais toute seule sur scène à chanter. Mais ça s’est super bien passé et j’ai tellement aimé l’expérience que j’ai décidé de lancer le projet Azure. J’ai ensuite trouvé des musiciens et un an après nous avons commencé à faire nos premières scènes romandes en full band. C’était incroyable !
Vous vous êtes produite au Mercury Lounge à New York. Comment avez-vous vécu cette expérience et est-ce qu’elle a changé quelque chose chez vous dans votre manière d’aborder la scène ?
De pouvoir se produire à New York était pour moi une expérience extraordinaire, un peu hors de ce monde, j’avoue. C’était beaucoup de travail pour tout organiser en tant qu’artiste indépendante, mais la récompense a tellement dépassé mes attentes. Cette ville a une énergie électrique et son audience est très généreuse, ouverte et dynamique. Le show était magique. J’avais de la chance de pouvoir jouer avec des musiciens locaux très talentueux et leur soutien m’a permis de me sentir plus libre et plus confiante sur scène. C’était une expérience marquante qui a réveillé quelque chose en moi et qui m’a ouvert les yeux sur ce qui est possible, non seulement au niveau artistique mais aussi dans l’échange qu’on peut avoir avec un public. Je continue à travailler pour pouvoir recréer cette même alchimie à chaque performance.
Quelle scène rêvez-vous de fouler dans votre parcours artistique ?
Je pense que ce serait “The Jazz Cafe’”à Londres. C’est une scène iconique et c’est l’endroit où l’un de mes albums préférés (D’Angelo Live at the Jazz Café, London) a été enregistré. J’aurais tellement aimé y assister mais je n’étais pas encore née ! Je crois que cette scène (ainsi que Londres en général) irait bien avec le style de musique que je fais. Il y a beaucoup de musique neo soul qui vient en ce moment du Royaume-Uni.
Vous évoluez dans un univers neo soul, un style encore peu représenté à Genève. Comment vivez-vous cette singularité artistique ? Et comment créez-vous des ponts avec votre environnement musical local ?
C’est vrai que la néo-soul n’est pas un genre très reconnu à Genève mais cela ne me gêne pas. J’aime bien faire de la musique qui a un son unique, je le sens comme un avantage plutôt qu’une faiblesse et je pense que cela me permet de me démarquer. Je suis aussi fière d’être parmi les quelques artistes qui amènent ce style de ‘American Soul’ en Suisse et j’espère qu’il continuera d’être de plus en plus apprécié ici. J’avoue que ce n’est pas toujours évident car il y a peu d’institutions et de scènes à Genève et en Suisse qui cherchent à promouvoir ce genre de musique. Mais je pense que si je continue de développer mon réseau avec d’autres artistes, de faire des collaborations, de rencontrer des professionnels de la musique comme les programmateurs, les agents, les journalistes, même les artistes d’autres disciplines, on va évoluer dans la bonne direction. En tout cas c’est un bon challenge !
Òu puisez-vous votre inspiration ?
En premier, je pense que ce sont mes expériences personnelles : les événements qui me touchent, les émotions que je ressens inspirent au quotidien la musique que je fais. En la partageant j’espère que d’autres personnes pourraient s’y retrouver et que les paroles ou la mélodie pourraient aussi leur faire ressentir quelque chose. Je suis sans doute influencée par les grands artistes de soul et de jazz des années 60 et 70 comme Marvin Gaye, Aretha Franklin, Stevie Wonder, Al Green, Donny Hathaway, Stan Getz ainsi que les plus récents comme D’Angelo, Lauryn Hill, Usher, Daniel Caesar et Frank Ocean. Pour moi, ils sont tous des génies et c’est grâce à eux que je fais la musique que je fais. Je suis aussi inspirée par l’art dans toutes ses formes : la poésie, la littérature, les arts visuels et le cinéma surtout des années 50 et la Golden Age de Hollywood avec ses anciens films en noir et blanc. J’adore l’élégance de cette période.
Comment définiriez-vous la manière dont votre communauté accompagne votre évolution artistique ?
J’ai fait mon premier concert dans une petite chapelle près d’où j’ai grandi et la salle était remplie de ma famille, mes amis et de leurs amis et des proches. Même plusieurs de mes professeurs sont venus car j’étais encore au collège. C’était magique d’être là, entourée par un tel soutien, une expérience que je n’oublierai jamais. Grâce à ce soutien local (qui est toujours là aujourd’hui), ma communauté commençait à s’élargir et avec les réseaux, j’arrive petit à petit à développer un suivi dans d’autres pays comme la France, le Royaume-Uni et les USA. Je suis extrêmement touchée quand des membres de cette communauté me contactent pour me dire qu’ils apprécient ce que je fais, que ma musique leur a fait ressentir quelque chose, qu’ils se réjouissent pour la suite ou qu’ils sont juste fiers de mon parcours en tant qu’artiste Suisse romande. Cela me motive et me donne l’espoir que j’avance dans la bonne direction. Je suis aussi très reconnaissante pour la communauté d’artistes romands et la générosité des institutions culturelles suisses. Leur solidarité et leur soutien m’ont énormément aidé et cela fait toute la différence de savoir que ma région et mon pays croient en mon projet. Je les remercie du fond du cœur.
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Morgane F. – reporter pour Color My Geneva – tous droits réservés



