Culture, Général

Interview exclusive avec Virginia Sirolli dans The Voice

De ses débuts au Grand Théâtre jusqu’aux planches de Londres, Virginia Sirolli trace une route impressionnante. Révélée au grand public par son passage magistral dans The Voice, où elle a fait l’unanimité auprès des quatre coachs, l’artiste genevoise brille par une polyvalence rare.

Celle qui a incarné la puissante Nala dans Le Roi Lion à Paris jongle aujourd’hui entre la rigueur de la comédie musicale et ses titres solos comme Free Electron. Entre deux répétitions et une dose d’autodérision sur les réseaux, Virginia s’affrime comme un électron libre de la scène romande, refusant les étiquettes pour privilégier une exploration artistique sincère et hybride. Rencontre avec une voix solaire qui marque de son empreinte la scène romande en 2026.

Nous avons posé quelques questions à Virginia Sirolli.


Entre vos parents chanteurs d’opéra et vos débuts sur les scènes genevoises (Grand Théâtre, Revue), comment ce mélange de rigueur classique et de culture locale vous a-t-il influencée ?

J’ai en effet grandi plutôt dans le monde de l’opéra, même si mes parents ne m’ont jamais forcée à en faire un métier.  J’ai découvert cette passion par moi-même plus tard, mais c’est vrai que cette rigueur classique m’a beaucoup servi, que ce soit dans ma vie professionnelle en général, mais aussi dans ma technique vocale et rigueur de travail. Ma formation à Londres et la scène locale genevoise comme la Revue 2024 m’ont aidée à diversifier la palette de styles que je peux chanter, et donc augmenter ma versatilité. En dehors de cela, je reste quelqu’un de très curieux musicalement, et j’écoute de la techno industrielle comme des classiques d’opéra, en passant par toutes sortes d’autres genre musicaux.

Vous avez étudié à Mountview, une école prestigieuse au Royaume-Uni. Qu’est-ce que la scène londonienne possède que les scènes suisses n’ont pas selon vous ?

La scène londonienne est très différente de la scène Suisse Romande, tout simplement car la culture est très différente. Elle est meilleure pour certains aspects, moins pour d’autres. C’est clair que pour la comédie musicale anglo-saxonne, Londres reste la référence. Mais ceci dit, la scène de la Comédie Musicale en Suisse Romande évolue énormément ces derniers temps, et clairement dans la bonne direction! 

Entre jazz, comédie musicale et vos titres originaux comme Free Electron, votre style semble inclassable ou hybride. Est-ce que cette définition vous convient ?

En effet, cette façon que l’homme a de vouloir tout mettre dans une case pour le définir (que ce soit dans la vie ou dans la musique) est quelque chose qui ne m’a jamais convenu, à titre professionnel comme personnel, car je ne me suis jamais sentie complètement à ma place dans une seule boîte. Je pense d’ailleurs que nous sommes des êtres tellement plus complexes qu’une moindre case, et  que de nous y ranger ne serait que minimiser la richesse de l’être humain. 

Ainsi, musicalement, je veux refléter aussi cet aspect de ma vie, éclectique, excentrique, zinzin, mais aussi sensible, émotionnel, et sérieux quand il le faut ! 

Cela passe évidemment par des genres musicaux variés, et par une versatilité vocale qui est ma force aujourd’hui. 

Si non, comment définiriez-vous « le flow Virginia » ?

🙂 Vous l’avez en effet bien défini dans la question précédente ! La versatilité est une force, et il ne faut jamais laisser les autres essayer de nous minimiser, de nous mettre dans une case, et de nous faire croire que nous ne sommes qu’une seule chose, et que nous ne pouvons pas être plusieurs éléments en même temps. C’est la beauté de l’être humain : sa complexité !

Durant votre passage à l’émission The Voice, vous avez fait retourner les quatre coachs. Que ressent-on à ce moment-là ?

À ce moment-là, pour moi c’est une sorte de consécration de mon travail. 

Je suis quelqu’un qui veut croire en la méritocratie (même si dans le monde d’aujourd’hui ce n’est pas forcément le cas), mais tout le travail que j’ai fourni pour arriver aux auditions à l’aveugle a contribué au fait que les quatre coach se retournent. J’étais super heureuse, j’avais envie de pleurer  et de sauter  partout en même temps, c’était clairement un des plus beaux moments de ma vie, surtout car j’ai également pu le partager avec mes proches 🙂 

Sur vos réseaux, on découvre une Virginia très spontanée, pleine d’humour et d’autodérision. Est-ce facile de combiner ces facettes très personnelles avec la machine médiatique qui s’emballe ?

Il est clair qu’ au jour d’aujourd’hui, les réseaux sociaux sont devenus le nouveau CV des artistes. 

De mon côté, j’essaye de combiner en effet ma vraie personnalité qui est celle justement de l’autodérision et de la spontanéité, avec des éléments de mon travail, pour que les personnes qui me découvrent écoutent ma voix certes, mais découvrent aussi ma personnalité. Aujourd’hui un artiste ne doit pas seulement “vendre” son art, mais aussi sa personnalité d’une certaine façon. Je n’ai pas l’impression de vendre la mienne, car même si certains pensent que ce n’est pas le cas, je suis vraiment moi-même sur les réseaux, je suis un peu folle et c’est comme ça! Cependant, il faut traiter ses réseaux comme un outil publicitaire en essayant de ne pas se perdre dedans, je pense que ça demande de vraiment savoir qui on est. 

Vous avez connu l’expérience The Voice Kids il y a dix ans. Avec vos années de formation à Londres et votre rôle de Nala dans Le Roi Lion, quel regard portez-vous sur votre évolution ?

HORS RÉPONSE :

 Il y a 10 ans, je n’ai pas vécu l’expérience expérience de The Voice kids, j’ai juste fait les premières étapes des auditions sans succès.

RÉPONSE : 

Lorsque je m’étais présentée il y a plus de 10 ans aux auditions de The Voice kids et et que j’avais été éliminée tout de suite, cela avait été difficile à digérer pour une enfant de 13 ans! Ceci dit, je pense que c’était une bonne chose, car cela m’a poussé à travailler davantage sur ma technique vocale. A cette époque je n’avais pas encore commencé à la travailler, et c’est un peu la base de savoir utiliser son organe vocal si on veut être chanteur!  J’ai pu aussi prendre le temps de me découvrir en tant qu’artiste. Entre-temps je me suis formée à Londres, j’ai interprété le rôle de Nala dans le Roi Lion à Disneyland Paris (HORS RÉPONSE : attention de bien mettre que c’est la version de Disneyland Paris, et pas celle de Mogador, car ce sont deux production très différentes) , et 10 ans plus tard je me re-présente à The Voice avec un bagage bien plus conséquent, une assurance personnelle plus importante, et évidemment une voix et un style beaucoup plus assumés. Cette fois, c’était le bon moment. 

Quels sont vos nouveaux projets depuis cette exposition médiatique sur la scène romande et internationale en 2026 ?

Le rêve pour moi, c’est de continuer à pouvoir vivre de mon art. Je suis consciente qu’en 2026, c’est une chance de pouvoir vivre de la musique, que ce soit sur des scènes internationales de comédie musicale, ou dans le cadre de ma propre musique. 

Je veux continuer de me découvrir en tant qu’artiste, car on ne finit jamais d’apprendre, et encore évoluer personnellement et vocalement.

 Mon souhait, c’est que non seulement mon travail, mais le travail la discipline en général, deviennent des valeurs plus célébrées qu’elle ne le sont actuellement. 

Je dois avouer que représenter la Suisse à l’Eurovision reste un rêve que j’aimerais atteindre un jour, pourquoi pas l’année prochaine?

Les réseaux sociaux de Virginia :
Website :  https://www.virginia-sirolli.com 

Instagram : https://www.instagram.com/virginia_sirolli/ 

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Crédit photo : TF1/ITV

Giorgio P. – reporter pour Color My Geneva – tous droits réservés

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