« Les Caprices de l’enfant roi », de Michel Leclerc, avec Doria Tillier, Artus, Julia Piaton, Nemo Schiffman, Franck Dubosc, Niel Hamel Brochen et Suzanne de Baecque.
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Une histoire revisitée
Qui se souvient de cette période historique ? Anne d’Autriche et Mazarin gouvernent en attendant que le petit Louis atteigne sa majorité. De nombreux nobles et puissant se révoltent face à une monarchie de plus en plus absolue et pensent profiter de cette période d’affaiblissement pour reprendre un peu de pouvoir. Une fameuse nuit de janvier, Louis XIV et son jeune frère devront s’enfuir de Paris en cachette pour trouver refuge dans le château vide et glacial de saint Germain. Cet épisode incitera le jeune roi à imaginer Versailles et un moyen de garder les nobles sous son emprise… Rares sont les films qui traitent de cette période, le plus marquant ayant été Louis, enfant roi de Roger Planchon en 1993.Avec Les caprices de l’enfant-roi, le réalisateur français Michel Leclerc remet en avant cette période même s’il prend des libertés avec l’histoire et ne s’en cache pas, lui qui a comme référence l’écrivain Alexandre Dumas ! Envisageant un temps de faire un remake du célébre film Scaramouche, il décide d’en reprendre les idées principales (La troupe de théâtre) mais de l’adapter à une histoire plus personnelle.Entouré d’une belle équipe, il s’amuse avec les codes… et nous avec.
Une équipe gaie et entraînante
Réunis ensemble, d’Artagnan (Franck Dubosc), Cyrano de Bergerac (Artus) et Molière (Nemo Schieffman) se serrent les coudes, un pour tous, tous pour un, dans l’intérêt de la couronne. C’est une des excellentes idées du film ! Réunir ainsi les principaux héros de l’époque permet des interactions savoureuses et des répliques pertinentes, notamment sur l’appendice de l’un d’eux… Franck Dubosc est épatant en d’Artagan dépassé par sa notoriété et les évènements, plein d’autodérision, Artus prête sa faconde et sa présence à la stature d’un Cyrano plus sensible que prévu et Molière est parfait en jeune prometteur et libertin. Le duo Cyrano-Molière fonctionne très bien, à la fois chien et chat…
On retrouve avec joie l’ambiance des grands films de cape et d’épée, festif et intelligent, comme Cyrano de Bergerac ou La Folie des grandeurs… ainsi que des dialogues vifs et pleins de références. Les duels se succèdent ainsi que les intrigues et les bons moments. On pourrait parfois en perdre son latin ! Le rythme est soutenu mais c’est aussi l’époque qui le veut, pas de temps mort. Heureusement, la troupe se déplace en bateau, le long du canal entre les villes du Mans, d’Angers, de Roëzé -sur-Sarthe et le château de Brissac, occasion de redécouvrir une région belle et méconnue. L’ambiance champêtre et la lumière reposent les yeux… et permettent de reprendre sa respiration.
Quant à Niel Hamel Brochen, le jeune acteur qui incarne Louis et son sosie charcutier, il est épatant et assume parfaitement ces deux rôles opposés comme un caméléon. Privé de la cour et de ses faux-semblants, il découvre une autre réalité, une certaine liberté, le sens du travail et du courage… et adorera le théâtre toute sa vie.Enfin, mention spéciale aux femmes de l’équipe, Doria Tillier en Anne d’Autriche mais surtout Julie Piaton dans le rôle de Madeleine Béjart, la responsable d’une troupe de théâtre que chacun souhaiterait intégrer à la fin du film…. Sans oublier Suzanne de Baecque en Marie-Louise d’Orléans, la cousine machiavélique du jeune Louis qui rêve de l’épouser pour accéder elle-même au trône… Chacune symbolise les différentes manières d’occuper la place publique et de vivre son destin.
Bref, un film parfait pour l’été et pour une sortie en famille.
Virginie Hours, reporter pour Color My Geneva – tous droits réservés




