Catastrophe nationale : on a volé le goût du chocolat suisse ! Le coupable est tout trouvé : un mafieu italien qui va bientôt marier sa fille dans une belle villa au bord du lac de Côme. Une super task force constituée des meilleurs éléments de chaque région linguistique est chargée de récupérer l’antidote permettant de retrouver le joyau national, le goût ! Mais pour réussir cette mission, encore faut-il connaître les traditions italiennes jusqu’au bout des doigts et ne pas commettre des erreurs grossières, comme celle de faire des pâtes à la carbonara avec de la double crème de gruyère. Si le frontalier tessinois Loris J. Bernasconi est engagé comme spécialiste des arts martiaux, le frontalier italien Roberto Busenghi devient leur « professeur d’italianité » chargé de leur enseigner tout ce qu’il faut savoir pour partir « à la conquête du vrai Sud »…
“Frontaliers sabotage” d’Alberto Meroni
Avec Flavio Salva, Paolo Guglielmoni, Barbara Barbarossa, Christa Rigozzi
Sortie en Suisse romande : 15 avril 2026
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Le Tessin, l’autre canton de frontaliers
Le Tessin accueille quotidiennement 60 000 frontaliers italiens (contre 115 000 sur le canton de Genève), soit un tiers du marché du travail. Comme dans notre contrée, ce perpétuel flux provoque des tensions sociales et politiques… et donne des idées. Deux humoristes décident de s’emparer du sujet et inventent les personnages de Bussenghi, le Rital bavard et moustachu et Bernasconi, l’Helvète bourru et légèrement borné pour qui le devoir est le devoir. Les « frontaliers » sont nés ! D’abord à la radio en 2007 sous forme de sketchs radiophoniques pour la RSI, la radiodiffusion de la Suisse italienne, puis sur les écrans avec une série télévisée à succès entre 2010 et 2014. Flavio Sala et Paolo Guglielmoni sont aujourd’hui considérés comme les Vincents Kucholl et Veillon transalpins. En 2017, ils se lancent dans leur premier long métrage nommé « Frontaliers disaster ». Le succès est au rendez-vous. Alors pourquoi pas une suite ? Voici aujourd’hui leur second opus sur les grands écrans, “Frontaliers sabotage”. Les règles sont les mêmes : esprit potache et plaisir de brocarder ses amis de l’autre côté de la frontière. Car on sait bien que « qui aime bien, châtie bien ». Ils reprennent les mêmes ficelles que pour leur premier film. C’est bon vivant et sans subtilités !
L’identité nationale est en péril.
Comme l’union fait la force, la vaillante équipe ou task force est composée de fiers représentants de chaque région linguistique, ce qui nous permet d’assister à des passes d’armes amusantes, et notamment certaines leçons de romanche. « Vous êtes un puzzle qui ne fonctionne que si chaque pièce se trouve à sa place » déclame le colonel avec emphase. C’est un des atouts du film : comme pour le film « Bon schuur Ticino » de Peter Luisi, il s’agit de montrer l’aspect burlesque comme la richesse de la pluralité linguistique de la Suisse et de s’amuser de nos caractéristiques tel le fait d’avoir « l’hymne national le plus soporifique du monde »… Les tessinois sont brocardés avec plaisir, Sala et Guglielmoni n’hésitant pas à jouer sur les clichés des tessinois toujours en retard ou toujours à dramatiser !
Un film dont l’unique ambition est d’amuser et de faire passer du bon temps.
Où le voir ?
Pathé Balexert : 13:00 et 17:45
Virginie Hours, reporter pour Color My Geneva – tous droits réservés





