Charlie (India Hair) a été élevée à Paris par sa grand-mère suite au décès de sa mère d’un cancer. Celle-ci décède subitement et Charlie doit faire face aux affaires et aux derniers souhaits de son aïeule. Elle découvre ainsi un carton rempli de disques vinyles destinés à un certain Tony (Eric Cantona) qui habite au Lavandou. Un peu perdue, sans engagements ni liens, elle décide de descendre en voiture apporter elle-même ces souvenirs. Là-bas, dans cette station balnéaire oubliée entre deux saisons, elle va faire des rencontres qui vont bouleverser sa vie…
« Les matins merveilleux » d’Avril Besson
Avec India Hair, Raya Martigny et Éric Cantona
Date de sortie : 29 juillet 2026
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India Hair, un Candide contemporain
Pour son premier long métrage « Les matins merveilleurs », la réalisatrice Avril Besson (qui par ailleurs est la demi-soeur de l’actrice Camille Cottin) continue l’histoire esquissée dans son court métrage « Queen Size » nommé en 2025 au César du meilleur film de court métrage de fiction. Elle a choisi avec pertinence les mêmes actrices, à commencer par India Hair, plus habituée aux seconds rôles malgré tous les prix qui jalonnent sa carrrière (lauréate du trophée Lumière 2013 du meilleur espoir féminin pour le film « Camille redouble », puis nommée au César du meilleur espoir féminin pour son rôle dans « Poissonsexe » en 2021). Et c’est l’excellente idée du film. Avec son petit air perdu, elle incarne avec conviction Charlie, cette quadragénaire sans attache qui décide de partir à la découverte d’une station balnéaire et de ses habitants. Elle emporte sa solitude avec elle, à l’image de son travail de traductrice pour des lunettes pour malvoyants qu’elle peut exercer partout, sans lien direct avec ses utilisateurs. Lorsqu’elle chante dans le bar la chanson « Mon amie la rose », elle parle bien d’elle-même, comme un aveu susurré : « On est bien peu de chose, Et mon amie la rose, Me l’a dit ce matin ». Cette bulle, elle va peu à peu la crever, saisissant toutes les opportunités qui se présentent à elle avec cette candeur qui rappelle le Candide de Voltaire. Le film la suit pas à pas, un peu mélancolique à l’image des plages désertées, remplies de possibles symbolisés par tous ceux qui travaillent à préparer la saison estivale qui approche. Le fil conducteur reste cette attention aux personnes les plus faibles ou différentes comme ces personnes âgées, qui sont entourées par l’attention et l’amour. Ce film fait du bien, rappelant que les liens sont une force qu’il faut entretenir et que la vieillesse et la maladie ne sont pas synonymes de rebut.
Des personnages bigarrés et attachants
Avril Besson utilise les différentes rencontres de Charlie comme prétexte pour nous offrir une galerie de personnages bigarrés et attachants, aux préoccupations très éloignées du monde parisien d’où vient Charlie. Si parfois pointe la mélancolie, à l’image d’Eric Cantona regrettant un geste qui aurait pu changer le cours de son existence, le propos n’est pas triste. Avec finesse, Avril Besson choisit le disco comme lien fédérateur et la scène où Charlie danse devant son écran, cherchant dans les pas de sa mère un moyen de se reconnecter à elle est particulièrement touchante. L’autre atout du film est Raya Martigny qui traine sa longue chevelure et sa silhouette dégingandée comme un étendard. Cette actrice trans venue de la Réunion et découverte sur les podiums des défilés de mode apporte à la fois la légèreté et la volonté dont manquent Charlie. Contrairement à l’adage « qui se ressemble s’assemble », leurs natures opposées vont faire des merveilles, plaidant ainsi pour une ouverture profonde à l’autre.
Un film doux et agréable comme une arrière-saison ensoleillée.
Le film a été présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes de 2026.
Virginie Hours, reporter pour Color My Geneva – tous droits réservés




