Un thriller intime à la lisière du réel
Pour Raphaël, le héros de ce roman, la page semblait définitivement tournée. Pendant près de deux décennies, cet homme discret a été le premier lecteur, le filtre critique et le confident de l’ombre du célèbre romancier Marceau Miller. À la mort soudaine de l’écrivain, Raphaël décide de se retirer. Désormais employé dans une librairie de Thonon, il se terre dans un quotidien silencieux, rongé par la disparition inexpliquée de son propre enfant.
Mais le passé a cette fâcheuse tendance à ressurgir lorsqu’on le croit enterré. Un jour, Raphaël exhume par hasard les notes d’un ultime manuscrit de Miller, un texte inachevé. Ce qui débute comme un simple travail de mémoire bascule très vite dans le vertige. L’enquête esquissée par l’auteur défunt, tournant autour d’une mort soigneusement déguisée en accident, résonne de façon effroyablement précise avec la propre tragédie de Raphaël. Les détails troublants s’accumulent. Le roman se déploie alors comme un thriller psychologique de haute volée, une quête haletante où chaque feuillet décrypté rapproche le protagoniste d’une vérité qu’il désespère de percer autant qu’il la redoute.
Le roman prochainement au cœur d’une série télévisée réalisée par David Hourrègue
Ce phénomène littéraire au succès international n’a pas fini de faire parler de lui. Preuve de son impact, les studios Gaumont peaufinent actuellement l’adaptation d’une série dont la diffusion est annoncée pour la fin de l’année. Le rôle principal de Sarah Miller est confié à l’actrice Elisa Erka qui donne la réplique à des visages bien connus comme Thierry Godard, Fleur Greffier et Capucine Malarre. Une consécration sur écran en fin d’année qui prolongera l’expérience de ce fascinant roman.
Le Léman et les Alpes témoins silencieux des secrets
L’un des tours de force de cette œuvre réside dans son atmosphère entre lac et montagne. Le Léman et les Alpes ne sont pas ici relégués au simple rang de carte postale ; ils s’imposent comme des personnages à part entière, avec leurs humeurs changeantes, les silences lourds et les pentes vertigineuses et les eaux profondes qui engloutissent les mystères. La plume de cet auteur sans visage capte avec une justesse la texture si singulière de notre région. On y respire l’air piquant d’une matinée de printemps, on y sent l’odeur du café chaud, on ressent la chaleur des pierres blondes sous le soleil…
C’est précisément dans cette géographie locale que l’histoire s’ancre. Raphaël poussé par la volonté de découvrir la vérité quitte sa librairie savoyarde pour enquêter. Une scène du récit vient ainsi se loger sur la rive gauche genevoise, au cœur de la Ferme de Saint-Maurice. Alors que Raphaël cherche des réponses, l’intrigue l’entraîne au beau milieu de l’effervescence du Festival du Livre à Collonge (LÀC). Sous les tentes blanches secouées par la bise, le suspense prend un tournant décisif. Le lieu amène le lecteur à se demander si le mystérieux auteur du roman ne s’est pas lui-même promené incognito dans ces mêmes allées du LÀC, brouillant définitivement la frontière entre la réalité de l’événement et sa propre fiction.
Pour conclure
Une fois “L’homme après Marceau Miller” refermé, une question plane toujours, tenace et glaçante et si Marceau Miller avait tout compris de l’affaire ? Si quelqu’un avait tout fait pour que ce récit ne voie jamais le jour ? Un thriller haletant, à emporter partout avec soi, de la plage, aux sommets enneigés… Une œuvre dont on ne ressort pas tout à fait indemne et dont on cherche encore le nom de l’auteur(e) !
Sandrine Bourgeois, chroniqueuse pour Color my Geneva (tous droits réservés)



