9 février 2024

“Paradiso” au théâtre des Grottes

Découvrez l'entretien du metteur en scène Luca Leone recueilli par Sandrine Bourgeois pour Color my Geneva.

Le  théâtre des Grottes accueille la pièce  “Paradiso” de Luca Leone du 1er au 3 mars 2024.  Ce spectacle, en cinq chapitres, centré autour du thème de l’Amour, plonge le spectateur dans un univers teinté d’humour, de tendresse. Imaginée comme un film, la pièce colorée et vibrante intègre des éléments visuels variés qui jouent sur les ombres et les lumières. Quatre comédiens offrent des lectures différentes, créant un spectacle hybride, polyphonique et drôle.

Color My Geneva : Vous investissez en qualité de metteur en scène, d’auteur et de comédien le théâtre des Grottes du 1er au 3 mars 2024, pour quelles raisons avez-vous choisi cette salle à Genève ?

-Luca Leone  : Le théâtre des Grottes est un très bon compromis : c’est une très jolie salle, bien placée, au centre de Genève, accessible aux compagnies émergentes…

CMG : Vous revenez à Genève avec une nouvelle création “Paradiso” un spectacle autobiographique en cinq chapitres, de quoi s’agit-il ?

-Luca Leone  : Paradiso, c’est une histoire qui se déroule dans un cinéma. Il s’agit d’un moment suspendu traversé de projections mentales ; des souvenirs, des rêves, des impressions, des angoisses, des obsessions…ça raconte ce qui se passe à l’intérieur, dans la tête, comment des images nous reviennent par bribes, et comment on cherche à recoller tous les morceaux pour en faire un récit cohérent. C’est l’histoire de quelqu’un qui ne sait pas trop où il en est, un peu inadapté socialement, un peu ridicule, parfois, qui flotte entre ses souvenirs et ses angoisses et qui remet en scène les images qu’il a en tête. C’est un récit à la première personne porté par quatre comédien.ne.s et qui tente de construire du sens dans l’insensé des choses qui nous arrivent.

CMG : Qu’est-ce qui vous a inspiré cette pièce ?

-Luca Leone  : Le point de départ de cette création est une période un peu bizarre, de flottement, dans laquelle je me suis retrouvé, et qui m’a fait beaucoup écrire. A ce moment-là je me suis rendu compte de l’importance du récit en général, et de comment l’existence des choses passait par la mise en place d’une histoire. J’ai donc travaillé durant plusieurs mois à me construire un sens avec tout ce que j’avais à disposition : photos, souvenirs, anecdotes, sensations, images mentales, etc. Je n’avais pas encore le projet d’en faire un spectacle — à vrai dire je pensais que je n’arriverais plus à écrire un spectacle, ou un album, ou autre chose. Puis au printemps j’ai réuni quelques morceaux de ces réflexions dans un livre intitulé Un jour je n’ai plus pu regarder les gens dans les yeux. Le manuscrit a été accepté par certaines maisons d’édition, mais je n’étais pas encore satisfait et j’ai mis le projet en pause. J’ai pensé à en faire une exposition aussi…et un jour c’est devenu un spectacle. Paradiso, finalement, c’est mon histoire, mais ça pourrait ne pas être la mienne, ça ne changerait rien. Le but est surtout de raconter la mémoire, et comment on se refait l’histoire dans sa tête. Comment on se fait son cinéma, en gros.

CMG : Et le cinéma dans tout ça ?

-Luca Leone : Le cinéma, je l’étudie à l’université ; je passe mes journées à en entendre parler, à voir des films, à écrire sur des séquences, etc. J’ai donc décidé de lier cet univers au propos du spectacle. Et ça participe à ce « flottement » parce que le cinéma est un lieu où cohabitent toutes les temporalités et où, paradoxalement, le temps n’existe pas.

CMG : Quels sont vos maîtres, vos muses pour réaliser vos spectacles ?

-Luca Leone : Pour chaque spectacle, j’ai des références différentes. Ici, j’ai surtout travaillé sur des modèles cinématographiques et, en fin de compte, très peu de modèles théâtraux. Au niveau de l’approche autobiographique et d’autofiction, j’ai étudié les filmographies de Nanni Moretti, Agnès Varda, Woody Allen, Pedro Almodovar (dans Douleur et gloire). Pour le côté « fantômatique », je me suis beaucoup inspiré d’Alain Resnais et Marguerite Duras. Et toujours beaucoup de Disney, encré dans mon subconscient, et que je retrouve toujours, un peu malgré moi, dans les schémas des histoires que je me fais. En ce qui concerne la littérature, le travail autobiographique de Grégoire Bouillier m’a beaucoup influencé à l’origine du projet. Et il faut que je cite aussi Sophie Calle, dont la vie est un art, et l’art sa vie.

CMG : Votre univers créatif est tendre, mélancolique, voire kitch, qu’en est-il de votre nouveau spectacle ? 

 –Luca Leone  : Je ne cherche jamais à faire quelque chose qui me « ressemble » en soi, mais je finis toujours par me ressembler. Ici c’est toujours assez kitch, j’aime bien jouer avec les codes de choses très vues et revues. C’est un spectacle qui tourne beaucoup d’événements en dérision, par le biais d’un point de vue rétrospectif, mais qui demeure, au fond, assez mélancolique et rempli d’émotions.

CMG : Pouvez-vous nous parler des acteurs  Flavio Dias, Catherine Papa Onori, Nora Coeytaux qui se produiront dans « Paradiso » ? Comment s’est opéré votre choix ?

 –Luca Leone : C’est un mélange assez hétéroclite ! Catherine Papa Onori est prof de français (c’était ma professeure d’ailleurs), Flavio Dias est, entre autres, animateur radio, et Nora Coeytaux fait des études de théâtre. Il s’agit de trois personnes très différentes, trois caractères distincts, trois parcours de vie. Mon choix s’est porté sur ces trois personnes parce que j’avais envie de travailler avec des gens que j’apprécie (c’est toujours mieux) et que chacun.e avait une personnalité très éloignée de la mienne. Il était donc intéressant d’avoir quatre lectures différentes d’une même histoire

 CMG : La musique tient une place importante dans vos créations, qu’en est-il pour « Paradiso »

 -Luca Leone : Pour Paradiso, j’ai travaillé autour de chansons italiennes des années soixante, des chansons de variété (qu’on appelle là-bas canzoni leggere) et plus particulièrement avec des morceaux de Gino Paoli. J’ai également composé certaines parties de la bande son, en m’inspirant des musiques de films composées par Nicola Piovani (La Vie est Belle, entre autres).

CMG : Quels sont vos projets après la réalisation de la pièce ? 

-Luca Leone  : Après ces trois soirs de Paradiso à Genève, je serai en concert le 24 mars dans le cadre du festival Bars en Fête. Je vais également travailler à l’enregistrement de quelques chansons qui paraîtront en cours d’année. Enfin, côté théâtre, certaines dates sont en cours de programmation dans quelques théâtres romands, pour Paradiso et pour un autre spectacle que j’ai écrit et mis en scène, intitulé Moustache.

Sandrine Bourgeois- journaliste pour Color my Geneva (tous droits réservés)

https://billetterie-culture.geneve.ch/selection/event/date?productId=10229157649207

Théâtre des Grottes – Rue Louis-Favre 43, 1202 Genève-

Du vendredi 1 er au samedi 2 mars à 20h et dimanche 3 mars à 17h /Prix des places : 10 à  15 francs

 

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